Les coutumes hygiéniques raffinées de nos ancêtres andalousis, décrites en détail dans certains traités qui racontent leur goût pour les crèmes et les huiles essentielles ou les mousses aromatiques, puis les ablutions obligatoires avant la prière coranique et le sens spirituel de l'eau, furent le germe spirituel de la prolifération des hammam ou bains arabes dans toute la province de Granada.
Ces centres improvisés pour les transactions mercantiles, parfois, et des lieux où exprimer le plaisir de la détente totale des sens, toujours, se constituent dans leur finalité et, surtout, dans leur structure, comme les héritiers des thermes romains, bien que plus petits mais très caractéristiques.
Le bâtiment du bain devait être solide pour résister les énormes différences thermiques de l'intérieur et de l'extérieur; c'est pourquoi le matériel utilisé pour sa construction fut le mortier pour les murs, et la pierre et les briques habilement combinés pour les voûtes, bien qu'allégées par des lucarnes à travers lesquelles pénètre la lumière aux différentes dépendances.
Ces édifices robustes, de rare ventilation, devaient avoir un minimum de trois ou quatre salles ou nefs, correspondantes au vestibule, l' apodyterium romain ou "al-bayt al-maslaj" arabe, où se reposer et déposer les habits; Une première zone de rafraîchissement, dite "al-bayt al-barid", où l'on recevait les draps blancs pour le corps et la tête et les sandales en bois.
D'ici on passait à la salle centrale, "al-bayt al-wastani", le romain trepidarium, d'ambiance tempérée, avec le chauffage à vapeur. La dernière salle, le caldarium romain, ou "al-bayt assajun" musulman, d'eaux chaudes et sous laquelle se trouvaient les chaudières. Depuis cette dernière salle, jusqu'à revenir à la première, on réalisait la transpiration à sec et les bains à vapeur à plusieurs températures.
Comme services complémentaires au bain on trouvait les massages, le salon de coiffure et les soins des pieds à la pierre ponce. Le bâtiment se complète avec les latrines, les bûchers et les citernes.